note d'intention

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Meurtre avec Préméditation a été écrit en 1928. Trois ans après la publication du Procès de Kafka. Le fameux Joseph K. y est poursuivi par une justice opaque. Dans la nouvelle de Gombrowicz, un autre K., Ignace,  meurt de sa belle mort. Mais elle est maquillée par un juge susceptible en un sinistre assassinat. 

C'est le juge le narrateur. À mesure que son récit se déploie, il s’assume comme une torsion délirante de la réalité et se révèle dans le même temps un puissant révélateur d’instincts enfouis

Sur le plateau le juge dialogue avec une clarinettiste klezmer. Elle rythme ses folles démonstrations. Elle se fait l’écho ironique de ses élucubrations. Elle joue les rires, les toux, les souffles, les gouttes qui pendent au nez, cette langue du corps omniprésente jusqu'au burlesque.

 

Tout en revivant les événements, le narrateur manipule six tabourets noirs et blancs. Sous ses mains ils deviennent éléments d'architecture, pions, marionnettes, pièces d’un jeu d’échec. Ils redessinent sans cesse l’espace. Ils composent et décomposent des formes et les vérités qui leur sont associées.   

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